2025
Elena Kuzmin
Elena Kuzmin est la première chercheuse de Concordia à être nommée à la Global Young Academy
2025
Elena Kuzmin est la première chercheuse de Concordia à être nommée à la Global Young Academy
Les maladies sont souvent moins liées à des gènes individuels qu’aux interactions complexes qu’ils entretiennent. Elena Kuzmin cherche à faire la lumière sur ces interactions invisibles et à démontrer le rôle déterminant des réseaux génétiques dans la santé, la pathologie et la résilience biologique.
Professeure adjointe à l’Université Concordia et professeure auxiliaire à l’Université McGill, elle se spécialise en biologie systémique, un champ qui vise à comprendre le fonctionnement des gênes entre eux plutôt qu’individuellement. Elle étudie des interactions génétiques complexes dont on ne peut anticiper les effets combinés en observant chaque gène de manière isolée.
Mme Kuzmin a commencé à s’intéresser à ce domaine pendant ses études aux cycles supérieurs, alors que les progrès réalisés en matière de séquençage génomique révélaient l’ampleur des variations génétiques présentes dans les populations. Les scientifiques étaient désormais en mesure de répertorier une multitude de modifications génétiques, mais une question fondamentale persistait. « On ignorait encore comment ces variantes interagissaient pour produire des phénotypes », explique-t-elle. La compréhension de ces interactions est rapidement devenue le fil conducteur de ses travaux de recherche.
Mme Kuzmin a réalisé la première étude systématique des interactions entre trois gènes dans des cellules de levure, montrant comment les réseaux génétiques peuvent atténuer les variations ou, au contraire, les accentuer. Cette découverte aide à expliquer pourquoi les maladies complexes sont si difficiles à prédire et à traiter. En s’appuyant sur ces résultats, elle s’est tournée vers la recherche sur le cancer pour démontrer que des pertes chromosomiques importantes peuvent rendre le cancer du sein triple négatif plus agressif et exposer des failles génétiques jusque-là non détectées.
Des processus évolutifs aux maladies humaines, les travaux de Mme Kuzmin mettent en lumière le rôle déterminant des interactions génétiques dans la structure même de la biologie. En exposant la façon dont les gènes interagissent, ils ont contribué à l’élaboration de modèles prédictifs robustes pour mieux comprendre les maladies et améliorer la santé humaine. Ainsi, Mme Kuzmin participe à l’essor d’un pan important de la recherche canadienne : une science rigoureuse qui évolue à l’échelle des systèmes et qui fait progresser à la fois les connaissances fondamentales et les applications concrètes.